ULM Les Randonneurs Voyageurs

Le récit de l' Homme qui fit taire l' ULM...



Voila bien longtemps que nous avions évoqué ces deux jours où nous devions entendre et observer des Cerfs, pendant le fameux Brame du Cerf.


A plusieurs reprises j’ai eu l’occasion de chasser les grands animaux dans la magnifique forêt de Durbon au cœur de la vallée des Agnielles. J’ai passé de très belles nuits dans les gîtes d’Agnielles et de Recours. Seul dans ces refuges, au milieu de la forêt et au cœur de la nuit, mes rêves fiévreux étaient peuplés de chasses mythiques grâce à des approches d’un silence quasi monacal. J’avais réussi à vaincre l’animal sur son terrain. La quête avait abouti, parfois.


La chasse à l’approche n’est pas le fait de tirer le premier animal venu. La chasse à l’approche c’est déterminer à l’avance le type d’animal recherché ; un mâle, une femelle, un jeune, un vieux, un déficient…. Le chasseur ne tirera sur aucun autre animal que celui choisi, alors qu’il en rencontrera bien d’autres.


Jamais je n’aurai imaginé qu’un jour, quatorze personnes me suivraient, en file indienne, pour cette quête. Qui plus est des non initiés, pire des Randonneurs, c'est-à-dire des gens bruyants qui sentent fort la civilisation et qui n’ont qu’une vague idée de ce qu’est l’immersion au sein de la nature. Au fil des mois j’ai essayé de faire passer des messages, mais la réception me semblait aléatoire. Quelques tests, de marche silencieuse, avaient été une franche rigolade.


Enfin le jour tant attendu arriva : samedi 10 septembre, 6 heures du matin, départ.


Une fois les Gorges d’Agnielles franchies nous démarrons notre aventure. Je savais que cela risquait d’être trop tôt dans la saison pour le brame, mais le gîte n’était libre qu’à cette date. De toute façon la ballade valait la peine et puis nous nous rabattrions sur les champignons.


Rapide briefing puis départ. La piste jusqu’à Recours permit de s’échauffer gentiment, à partir de là les choses sérieuses allaient commencer.


Le sentier grimpe vivement à travers la forêt, mes instincts de prédateur reprennent le dessus et là, miracle ; derrière moi, plus un bruit, plus un souffle, une concentration palpable de quatorze esprits en communion avec la forêt et ses habitants. Nous entendions le moindre chant d’oiseau, le moindre cricket, le moindre bruissement de feuilles, le moindre souffle d’air : un moment de pure harmonie, jusqu’au moment où nous avons surpris le geai qui s’est enfui en criant comme un dératé et qui a alerté le monde entier. Je vous avais prévenu, mais c’est de la faute à personne.


De brame du Cerf point, de Cerf point, de champignons point, mais que la montagne était belle et la forêt profonde, nous nous sommes même pas perdus, à chaque fois nous avons retrouvé le parking, la chance était avec nous.


Quand à notre soirée au gîte : apéro en terrasse avec la participation de tous pour les bonnes choses à manger et à boire, dîner plus que parfait grâce à Dany la cuisinière et son aide Michel. Ensuite tout le monde au lit et comme le dit Colette Druinot : « allons faire grincer le bois »


Un seul cri, un seul brame : à l’année prochaine, la réservation est déjà en cours !               

Serge